11/25/2011

La Vie à Bord

La vie à bord est déterminante. On ne peut pas concevoir d’être compliqué sur un voilier. Le skipper est là aussi pour faire en sorte que tout le monde revienne avec le sourire, ce qui n’exclus pas quelques mises au point en cours de route ! L’entassement dans un espace réduit pour plusieurs jours, la nostalgie du confort par exemple, peut transférer un coéquipier en face de carême !  Tu dois vivre sous le regard des autres, dormir sous le regard des autres, au pont ou en cabines partagées. Pas facile d’avoir ta bulle !
 L’expérience du bateau en gite ( positionner sur la tranche ), rend la mobilité, l’équilibre,  moins évidents. Il faut faire attention à ce que tout, que ce soit dans la cuisine, le salon , les cabines, soient bien placés pour que rien ne tombe. Même dans un espace restreint tout doit être organisé.
L’expérience de la toilette est plus difficile ! Imaginez vous dans celle ci le bateau en gite !  Si vous êtes chanceux  un virement de bord ne va pas  s’effectuer pendant ce temps. Ça travaille l’équilibre, les cuisses  ! Je me souviens dans Pen Duick VI, en gite, avoir eu la tête collée sur la porte ! Si elle ouvrait je me prenais une belle débarque les culottes à terre  !Tout ça pour dire que ça prend des coéquipiers pas trop compliqués, de la tolérance. La vie à bord dépend de la qualité des gens qui y sont ! Là dessus nous nous en sommes bien sortis !
 Pas facile pour une femme, de concevoir de ne pas avoir toujours l’eau courante, la rusticité des lieux, de se laver aux lingettes plusieurs jours d’affilés, de se doucher,  à l’occasion ( et avec chance l’eau de la douche sera chaude ) ! Il faut être prêt à se passer de son confort donc de prévoir, les lingettes, le shampoing que tu utilises  sur cheveux secs ( merci Geneviève !) , la serviette de voyage qui sèche facilement, éventuellement des tongues pour vous doucher, un peu de lessive pour laver à la main si besoin,…. !  Cependant je vous rassure nous avons eu quand même quatre  fois des douches dans les yacht clubs, quand nous étions à quai, à Ushuaia et à Puerto Williams,  et une à bord dans les cabines. 
Question participation, elle est toujours bienvenue pour le manœuvres, mais aussi pour les tâches telles que,  la préparation  du repas, la mise en place de la table, la vaisselle, le nettoyage de ta cabine, salle de bain, passer le balai. Chaque skipper a sa façon de fonctionner. Dans certains voiliers tu ne touches à rien ! Chaque skipper a sa façon de fonctionner.
  Pour les repas, tout a été prévu avant notre départ, stocké dans le voilier , soit une méga-épicerie ( je ne vous dit pas quand ils partent pour 25 jours d’autonomie en Antarctique ! ). A notre départ, le voilier arrivait des îles Malouines « les Falklands » ou ils avaient passés un bon moment avec Jérôme Poncet qui élève des moutons des prés Salés sur une des îles. Ils sont repartis avec un mouton accroché au voilier, de quoi avoir une viande exceptionnelle pour plusieurs jours !  Connaissez vous Jérôme Poncet ?
 Je ne le connaissais pas avant que Michelle nous en parle. Ami de Arnaud et Juliette, pas n’importe qui j’ ai vraiment accroché sur le personnage, à travers la description que Michelle m’en a faite, de l’accueil qu’ils ont eu.  En plus je me suis plongée dans le livre Le Grand Sud de Isabelle Autissier et Erik Orsenna dans lequel elle en parle . Je  résume :
En 1969 Jérôme quitte La Rochelle en France avec son ami Gérard, sur un petit voilier de 9m, en bois,  découvrir le tour du monde. Un périple qui durera 5 ans, en passant par le Spitzberg, la Polynésie, l’Amazonie,,.., et ils  se rendront jusqu’en Antarctique  ! Un temps ou la péninsule avait retrouvé son calme après l’invasion des baleiniers. Seules quelques bases scientifiques sont installées. Ensuite chacun se construira son voilier, qui reflètera le fruit de leurs expériences et rêves. Jérôme et sa femme Sally hiverneront sur la péninsule. Il  ne quitteront plus les mers du Sud. Elle accouchera de leur enfant Dion en Georgie du Sud, qui à son tour deviendra un solide marin !  Que de gens fascinants ! Dans ce monde de voileux,  tout le monde se connaît ici ! Isabelle Autissier à même son voilier Ada, au quai de Puerto Williams, ou elle vient chaque année, par elle aussi, un attachement  au Grand Sud.

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