11/20/2011

De retour à Ushuaia après 12 jours en voilier




Comme le dit si bien l'adage , Pas de nouvelle, bonne nouvelle !
Vous vous doutez qu'il m'était difficile de mettre a jour ce blog car notre accès au réseau a été très limité et le peu que nous en avons eu, il a servi pour des aspects majeurs de nos navigateurs. Alors impossible de faire un jour par jour, je me suis concentrée sur mes photos, la caméra  Go Pro . Je vais donc vous résumer les aspects de ce splendide voyage au bout du monde et joindre des photos.  Je crois que je trouve le temps puisque je suis bloquée depuis 2 jours à Buenos Aires !
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Position 54o 50'S / 68o 13'W
Avec une journée d'avance sur la date d'arrivée prévue dans nos livres, le 19 Novembre 2011,   notre équipage de 7 personnes  dont nos deux skippers professionnels, sommes  bien arrivés après 12 jours de navigation ,  au ponton du club nautique Afasyn de Ushuaia avec des conditions très agréables de navigation, et une superbe vue sur le port, les montagnes, le glacier Martial, l'aéroclub, la Baie. Prévisions météos obligent ! En effet on annonçait des vents de plus de 40 km/h un jour plus tard et donc le risque de retard et d'être bloqué à Puerto Williams  ( au Chili ) !
 En abordant la Baie,  avec vue sur la capitale du charter Austral, on sent déjà que chacun est dans sa bulle, ses émotions qui nous parcourent à l'idée du dernier amarrage, d'un retour à la civilisation après ce superbe voyage jusqu'au Cap Horn et à travers le Canal de Beagle  !  D'autres voiliers d'autres passionnés des mers du Sud, sont amarrés, il faut positionner le notre en double  et pratiquer les dernières manoeuvres, toujours aussi délicates pour notre skipper à la barre, ce qui , du coup nous replongent dans nos taches pour une dernière participation à bord de l' équipage  : Michelle la voileuse artiste-sculpteur, Arthur le jeune matelot polonais, Geneviève la voileuse en herbe - pro du sudoku, Olivier le parachutiste - voileux,  Fabienne la photographe en herbe, et bien sur nos skippers Arnaud et Juliette  !

A bord nous sommes donc quatre femmes, dont une passionnée de la navigation, notre skipper Juliette, qui a navigué pas mal sur tous les océans de la planète. Elle est ce genre de femme qui se fait rare, l’idéal de son skipper, une vraie bénédiction !  Michelle a également son vécue dans la matière puisqu’elle est propriétaire d’un voilier dans le Sud de la France, sculpteur, et elle est à sa deuxième étape avec nos skippers, puisqu’elle a navigué quelques jours auparavant, de Piriapolis en Uruguay, jusqu’à Ushuaia en passant par Stanley aux îles Malouines, dit les Falklands, soit treize jours, 987 miles nautiques, de quoi comme on dit dans le jargon marin , être amarinée ! Et il y a les novices : Geneviève, de la Haute Savoie, en charge du bureau de l’école de parachutisme de Olivier, Madame sourire,  et Fabienne du Québec ( avec du sang Breton ) et avec malgré tout un petit bagage d’expérience. Nous avons eu également l’agréable compagnie de Skye quelques jours, une  australienne amie de Juliette, qui voyage, encadre  avec son conjoint sur leur bateau d’expédition en Antarctique, en Georgie du Sud, aux Malouines, des clients qui ont des  projets spéciaux ( tournage de films, skieurs,…) .
Côté homme, Arnaud notre skipper, passionné, professionnel, avec un bagage d’expérience qui en dit long ( course autour du monde à la voile, Québec – St malo, la route du Rhum). Arthur, polonais, jeune matelot, disponible pour aider aux manœuvres, tâches de la vie à bord. Olivier, de Haute Savoie comme Geneviève avec qui il travaille dans son école de parachutisme, skipper de formation, hyper proactif, deviendra un des meilleurs coéquipers  !

Nous sommes arrivés d'horizons différents mais avec pour mêmes objectifs de naviguer, de découvrir les beautés de cette destination , de vivre l’aventure du Cap Horn, le tout sur un bateau solide, un sloop d’aluminium de 20 mètres, équipé pour recevoir sept passagers en cabines, en plus de nos deux skippers professionnels. J'avais déjà voyagé avec eux  sur Pen Duick VI, de St Malo, au Groenland , en passant par l'Islande, et je savais que nous étions en de bonnes mains !   Débutante  en 2007 , je ne connaissais pas la voile, mais j'avais,  comme je l'ai encore aujourd'hui,  ce profond sentiment que je devais  voyager autrement à nouveau, de part la mer,  cette fois non pas sur les traces de Paul Émile Victor, mais celles de Charles Darwin,  Jean Cabot, Bernard Moitessier Éric Tabarly, Isabelle Autissier, Jérôme Poncet, Kifouine, Balthazar, et bien d’autres, vers les hautes latitudes.

Hommes et femmes, navigateurs, n'ont pas choisi par hasard de naviguer ici, dans ces mers les plus difficiles du globe . Qu'ils soient polonais, australiens, français ou autre, ils sont là, avec des voiliers solides dont ils ont une confiance imprenable, prêts à  affronter ces mers, du mythique Cap Horn, au passage du Drake , pour se rendre dans le Grand Sud en Antarctique, et à plus forte raison pour y amener un équipage  !  Le métier est lourd de responsabilités. Chacune de leur vie est un roman ! ils sont tour à tour, mécaniciens, électriciens, mateloteurs, menuisiers, informaticiens,....Mais s'il ne faut pas partir ils ne partiront pas . Et si le mauvais temps les cueille loin des côtes, personne mieux que eux ne vous ramènera à bon port  
Cette croisière est un voyage découverte.  Avant tout c’est l’expérience de navigation à la voile : de   4 à 6 h  par jour sur les eaux  du canal Beagle,  ce détroit séparant des îles de l’archipel de la Terre de Feu à l’extrémité  sud de l’Amérique du Sud , qui porte le nom  du navire britannique HMS Beagle qui opéra de nombreuses missions hydrographiques. Celui ci fut commandé dans un deuxième temps de sa carrière par Fitzroy qui amena à bord le scientifique Charles Darwin, comme naturaliste amateur !  Son autre aspect est bien l’épanouissement devant ces paysages du bout du monde, la Cordillère de Darwin et ses glaciers, ses habitants, sa végétation, ses oiseaux ( Skuas, Albatros, Pétrels, Sternes arctiques,  Pingouins de Magellan… ) et ses mammifères marins (les dauphins chiliens, Les lions de mer…) , des mouillages exceptionnels au milieu de nulle part, une escapade sur les chevaux Criollos accompagnée du Gaucho et de sa douce européenne,  les balades à pied sur les traces du Guanaco (Llama), du renard rouge fuegien,  des castors, avec pour objectif d’aboutir à de beaux points de vue.
Il n’y a pas de quarts de nuits mais des arrêts à quai ou dans de charmants  mouillages isolés dans de petites baies ou dites Caletta.  Vu que la région est réputée par les vents violents, ou ses rafales appelées « Rachas »qui la balayent souvent, nous sommes protégés de celles-ci.  Le son du vent vous donne le frisson  et avec le temps il fait parti de votre quasi quotidien. 
Ici seules les conditions climatiques font la loi ! L’itinéraire est établi  mais toujours sujet à changement par le skipper en chef selon les conditions météorologiques. Le temps n’existe plus comme nous le connaissons à terre, il ne s’écoule plus. Chaque jour est inventé, est nouveau. Tu ne peux pas demander la veille l’heure du départ , d’arrivée. Devant toi, c’est l’inconnu mais tu dois t’adapter aux décisions, attendre que  le skipper évalue le tout et prenne sa décision.

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