Comme le dit si bien l'adage , Pas de nouvelle, bonne nouvelle !
Vous vous doutez qu'il m'était difficile de mettre a jour ce blog
car notre accès au réseau a été très limité et le peu que nous en avons eu, il
a servi pour des aspects majeurs de nos navigateurs. Alors impossible de faire
un jour par jour, je me suis concentrée sur mes photos, la caméra Go Pro . Je vais donc vous résumer les
aspects de ce splendide voyage au bout du monde et joindre des photos. Je crois que je trouve le temps puisque je suis bloquée depuis 2 jours à Buenos Aires !
cliquer sur mon profil pour voir les photos
Position 54o 50'S / 68o 13'W
Avec une journée d'avance sur la date d'arrivée prévue dans nos
livres, le 19 Novembre 2011, notre équipage de 7 personnes dont
nos deux skippers professionnels, sommes bien arrivés après 12 jours
de navigation , au ponton du club nautique Afasyn de Ushuaia avec des
conditions très agréables de navigation, et une superbe vue sur le port, les
montagnes, le glacier Martial, l'aéroclub, la Baie. Prévisions météos obligent
! En effet on annonçait des vents de plus de 40 km/h un jour plus tard et donc
le risque de retard et d'être bloqué à Puerto Williams ( au Chili ) !
En abordant la Baie, avec vue sur la capitale du
charter Austral, on sent déjà que chacun est dans sa bulle, ses émotions qui
nous parcourent à l'idée du dernier amarrage, d'un retour à la civilisation
après ce superbe voyage jusqu'au Cap Horn et à travers le Canal de Beagle
! D'autres voiliers d'autres passionnés des mers du Sud, sont
amarrés, il faut positionner le notre en double et pratiquer les
dernières manoeuvres, toujours aussi délicates pour notre skipper à la barre,
ce qui , du coup nous replongent dans nos taches pour une dernière
participation à bord de l' équipage : Michelle la voileuse
artiste-sculpteur, Arthur le jeune matelot polonais, Geneviève la voileuse en
herbe - pro du sudoku, Olivier le parachutiste - voileux, Fabienne la
photographe en herbe, et bien sur nos skippers Arnaud et Juliette !
A bord nous sommes donc quatre femmes, dont une passionnée de la
navigation, notre skipper Juliette, qui a navigué pas mal sur tous les océans
de la planète. Elle est ce genre de femme qui se fait rare, l’idéal de son
skipper, une vraie bénédiction !
Michelle a également son vécue dans la matière puisqu’elle est
propriétaire d’un voilier dans le Sud de la France, sculpteur, et elle est à sa
deuxième étape avec nos skippers, puisqu’elle a navigué quelques jours
auparavant, de Piriapolis en Uruguay, jusqu’à Ushuaia en passant par Stanley
aux îles Malouines, dit les Falklands, soit treize jours, 987 miles nautiques,
de quoi comme on dit dans le jargon marin , être amarinée ! Et il y a les
novices : Geneviève, de la Haute Savoie, en charge du bureau de l’école de
parachutisme de Olivier, Madame sourire,
et Fabienne du Québec ( avec du sang Breton ) et avec malgré tout un
petit bagage d’expérience. Nous avons eu également l’agréable compagnie de Skye
quelques jours, une australienne
amie de Juliette, qui voyage, encadre
avec son conjoint sur leur bateau d’expédition en Antarctique, en
Georgie du Sud, aux Malouines, des clients qui ont des projets spéciaux ( tournage de films,
skieurs,…) .
Côté homme, Arnaud notre skipper, passionné, professionnel, avec
un bagage d’expérience qui en dit long ( course autour du monde à la voile,
Québec – St malo, la route du Rhum). Arthur, polonais, jeune matelot,
disponible pour aider aux manœuvres, tâches de la vie à bord. Olivier, de Haute
Savoie comme Geneviève avec qui il travaille dans son école de parachutisme,
skipper de formation, hyper proactif, deviendra un des meilleurs coéquipers
!
Nous sommes arrivés d'horizons différents mais avec pour mêmes
objectifs de naviguer, de découvrir les beautés de cette destination , de vivre
l’aventure du Cap Horn, le tout sur un bateau solide, un sloop d’aluminium de
20 mètres, équipé pour recevoir sept passagers en cabines, en plus de nos deux
skippers professionnels. J'avais déjà voyagé avec eux sur Pen Duick VI, de St Malo, au Groenland , en passant par
l'Islande, et je savais que nous étions en de bonnes mains ! Débutante en 2007 , je ne connaissais pas la
voile, mais j'avais, comme je l'ai
encore aujourd'hui, ce profond
sentiment que je devais voyager autrement à nouveau, de part la
mer, cette fois non pas sur les traces de Paul Émile Victor, mais celles
de Charles Darwin, Jean Cabot,
Bernard Moitessier Éric Tabarly, Isabelle Autissier, Jérôme Poncet, Kifouine,
Balthazar, et bien d’autres, vers les hautes latitudes.
Hommes et femmes, navigateurs, n'ont pas choisi par hasard de
naviguer ici, dans ces mers les plus difficiles du globe . Qu'ils soient
polonais, australiens, français ou autre, ils sont là, avec des voiliers
solides dont ils ont une confiance imprenable, prêts à affronter ces
mers, du mythique Cap Horn, au passage du Drake , pour se rendre dans le Grand
Sud en Antarctique, et à plus forte raison pour y amener un équipage !
Le métier est lourd de responsabilités. Chacune de leur vie est un roman
! ils sont tour à tour, mécaniciens, électriciens, mateloteurs, menuisiers,
informaticiens,....Mais s'il ne faut pas partir ils ne partiront pas . Et si le
mauvais temps les cueille loin des côtes, personne mieux que eux ne vous
ramènera à bon port
Cette croisière est un voyage découverte. Avant tout c’est l’expérience de
navigation à la voile : de
4 à 6 h par jour sur les
eaux du canal Beagle, ce détroit séparant des îles de
l’archipel de la Terre de Feu à l’extrémité sud de l’Amérique du Sud , qui porte le nom du navire britannique HMS Beagle qui
opéra de nombreuses missions hydrographiques. Celui ci fut commandé dans un
deuxième temps de sa carrière par Fitzroy qui amena à bord le scientifique
Charles Darwin, comme naturaliste amateur ! Son autre aspect est bien l’épanouissement devant ces
paysages du bout du monde, la Cordillère de Darwin et ses glaciers, ses
habitants, sa végétation, ses oiseaux ( Skuas, Albatros, Pétrels, Sternes
arctiques, Pingouins de Magellan…
) et ses mammifères marins (les dauphins chiliens, Les lions de mer…) , des
mouillages exceptionnels au milieu de nulle part, une escapade sur les chevaux
Criollos accompagnée du Gaucho et de sa douce européenne, les balades à pied sur les traces du
Guanaco (Llama), du renard rouge fuegien,
des castors, avec pour objectif d’aboutir à de beaux points de vue.
Il n’y a pas de quarts de nuits mais des arrêts à quai ou dans de
charmants mouillages isolés dans
de petites baies ou dites Caletta.
Vu que la région est réputée par les vents violents, ou ses rafales
appelées « Rachas »qui la balayent souvent, nous sommes protégés de
celles-ci. Le son du vent vous
donne le frisson et avec le temps il fait parti de votre quasi
quotidien.
Ici seules les conditions climatiques font la loi !
L’itinéraire est établi mais
toujours sujet à changement par le skipper en chef selon les conditions
météorologiques. Le temps n’existe plus comme nous le connaissons à terre, il
ne s’écoule plus. Chaque jour est inventé, est nouveau. Tu ne peux pas demander
la veille l’heure du départ , d’arrivée. Devant toi, c’est l’inconnu mais tu
dois t’adapter aux décisions, attendre que le skipper évalue le tout et prenne sa décision.
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