11/28/2011

La route des Glaciers, le Canal de Beagle


Nous poursuivons ce voyage par la porte d’entrée du Bras Nord du Canal de Beagle , la Caletta Olla, un incontournable. De là nous entamons une belle randonnée de 2h heures pour approcher le glacier Hollanda, qui dévale les pentes du Mont Frances. Une vue magnifique s’offre à nous sur ce côté du Canal, surnommé aussi l’Avenue des glaciers de la Cordillère Darwin.  Ces derniers vont se succéder tout au long d’une navigation de 20 miles, Italia, Frances, puis Romanche. Pour atteindre le lendemain la Caleta Beaulieu dans le bras Est du Fjord Pia, ou nous serons accompagnés de dauphins jusqu’à notre mouillage avec une vue imprenable sur les glaciers ! Le temps jouant encore en notre faveur, nous profitons d’une petite plage pour célébrer la beauté de la nature autour d’un feu bien arrosé ! Le clou de la découverte des glaciers, le lendemain matin,  est l’approche qui suivra du Seno Pia. Le voilier pénètre dans une vallée glacière étroite, chargée de glaçons, pour aboutir à une vue imprenable sur deux langues glacières. Le spectacle est époustouflant !  Nous sommes tous sous le charme  et toujours dans des conditions météo exceptionnelles.  Nous quittons le fjord pour naviguer sur le bras nord en direction du Bras sud. Le vent est monté et nous sommes de nouveau à la voile vers l’ouest . Au loin le temps s’assombrit, on sent que quelque chose va nous tomber dessus !

11/26/2011

YENDEGAYA et notre gaucho


En route pour le Canal Beagle  «  Brazo Noroeste Del Canal Beagle » . Un des grands attraits de ce périple après le Cap Horn. Nous remontons donc vers Ushuaia et passons au large de la Baie, avec une vue sur le Glacier Martial.  Notre objectif est de nous rendre à Yendegaya, un parcours de 42 miles nautiques dans la journée. Au bout d’un petit fjord, sur une approche de 6 miles , nous atteignons la Caletta Ferrari, à l’Estancia Yendegaya, ou nous mouillerons pour la nuit. Position 54o51 S 68 48 W. Le panaroma est splendide en 360 degrés : il s’agit d’une immense vallée glaciaire, encadrés de montagnes taillées à la serpe.  Au fond de la baie , il y quelques maisonnettes et chevaux en liberté.  Yendegaya, c’est la rencontre inoubliable de  Jose, Gaucho de l’Estancia.  Sa vie est digne d’une nouvelle de l’écrivain chilien Coloane. Veillant sur cette propriété de 44 000 ha, ses seuls compagnons sont ses chiens et ses chevaux. Il y a quelques années, Annemy, une belle jeune femme européenne, est arrivée en voilier avec son conjoint, mais elle ne repartira pas. Elle « tombe en Amour » pour cet homme au mode de vie hors de nos standards !  Depuis 7 ans  elle partage sa vie, loin de tout , de tous , isolés dans cette baie.  Seuls les voiliers, et à l’occasion un ferry arrêtent. Ici il y a une écurie, deux petites maisons dont l’une est la leur  et l’autre sert à des travailleurs ou pêcheurs occasionnels. Et il y a une écurie . Autant vous dire que Annemy aime la visite et cette fois nous sommes une majorité de femmes de quoi jaser chiffon !
Donc la journée suivante nous prenons repos de la voile et  décidons de mettre pied à terre ou presque ! En selle pour trois heures de randonnée accompagnée par Jose, Annemy et leurs chiens. Les chevaux sont des criollos argentins, descendants directs des chevaux espagnols importés par les colons lors de la conquête. Leurs ancêtres sont des pures races espagnols et des Barbes. Il s’est adapté aux plaines d’Argentine et est devenu le cheval de chasse et de travail des gauchos dans les Estancias.  D’un bon pied ils vont nous conduire hors des sentiers battus, à travers les chemins non balisés, les grands espaces de l’estancia avec de superbes paysages.  On se sent libre ! Libre de trotter, galoper, pas de queueleuleu obligé si tu maitrises ta monture. Comme on dit on se gâte. Arnaud nous devance avec Jose, avide de galoper ! Les chiens sont en chasse après les lièvres et renards ! Sur le chemin Jose ramasse une superbe plume ! C’est une plume de Condor ! Fascinant ! je vais repartir avec, un vrai cadeau du ciel ! Soudain ce sont les bruits des sabots d’autres chevaux qui nous alertent. Là face à nous postés dans la rivière, trois superbes criollos sauvages viennent à notre rencontre ! ouah belle émotion ! Après une pause nous reviendront au galop pour certains, au pas pour d’autres jusqu’à l’écurie.  Jose est parti à la chasse. Pour se nourrir il faut , chasser : taureaux, chevaux sauvages ou pêcher  ! En soirée, nous sommes invités au barbecue avec eux et un couple de skippers qui profitent également du mouillage, des balades à pied et à cheval.   La soirée s’annonce belle, le ciel est dégagé. Nous prendrons l’annexe pour nous rendre à terre. Apéro sympa en plein air pendant que Jose nous grille de la viande de mouton et, du cheval ( fraichement tué ! ) .  On ne veut pas avoir les détails de sa chasse, mais il va pouvoir nourrir tout le monde et les chiens pour quelques jours !
Et vous ne me croirez pas, je vais goûter par respect de l’invitation et une certaine curiosité.  Je ne suis pas si fermé, il y des fois ou on ne peut  pas être difficile !  Moi qui ne mange quasiment pas de viandes ! Ici j’ai eu mon quota pour quelques mois ! Mais c’est ça il faut s’adapter à un autre mode de vie, d’autres habitudes, et ça nous fait évoluer.  L’expérience vécue à Yendegaya est mémorable, un de mes meilleurs moments du voyage. 

11/25/2011

Après le Cap Horn, Les Wollaston et la fête


Le 8 Novembre 2011 nous atteignons le Cap Horn et mouillons à la Baie Martial dans les îles Herschel pour la nuit avant de revenir à nouveau vers Puerto Williams. Un magnifique Skua, qui nous observait est venu chercher de la bouffe sur un plateau avec des restants de chairs de viandes que tenait Arnaud dans ses mains. Ces oiseaux comme les Albatros, les Pétrels, les Fulmars, nous suivent ou plannent régulièrement au gré du vent à proximité des voiliers. Le plus impressionnant est l’Albatros géant, surnommé « l’english sailor » depuis le 17ième siècle, le plus grand des oiseaux marins au monde  avec une envergure d’aile pouvant atteindre 363 cm et peser 9 kg !  Les paysages sont très étranges, la végétation subit un climat si rigoureux avec des vents pouvant atteindre plus de 70 nœuds, et  la  saison végétative est  très courte. On se croirait dans le décor d’une histoire  fantastique, genre Terremer de Ursula Le Guin, ou l’Archipel des sorcières de Nicolas Vachon ! Souper mérité, nous nous endormons sur les souvenirs de cette fabuleuse journée jusqu’au Cap Horn !

Après une remontée vers Puerto Williams sur une mer d’huile , au moteur, nous amarrons en triple sur le voilier de Thierry, un autre skipper , lui aussi amarré au bateau d’exploration de Skye et Ben. Nous avons bien l’intention de célébrer les Cap Horniers  et d’ écluser quelques verres de Cerveza au Micalvi ce soir.  Geneviève nous prépare sa super fondue savoyarde ( sans Kirsch !!! on la pardonne mais il manque le kirsch ! ) . Skye, Ben et Magnus, les Australiens se joignent à notre table. Nous dégusterons pour finir les délicieux Cup cakes de Skye en dessert ! La soirée comme prévue est bien arrosée et se termine au bar, ou de nombreux équipiers, pour la plupart français, prêts à partir pour le Cap Horn ou l’Antarctique sur différents voiliers, échangent de nombreuses discussions. Pis ça finit en musique, pas du latino, mais bien la musique des français qu’ils vont imposer comme si ils étaient chez eux  ! 

La Vie à Bord

La vie à bord est déterminante. On ne peut pas concevoir d’être compliqué sur un voilier. Le skipper est là aussi pour faire en sorte que tout le monde revienne avec le sourire, ce qui n’exclus pas quelques mises au point en cours de route ! L’entassement dans un espace réduit pour plusieurs jours, la nostalgie du confort par exemple, peut transférer un coéquipier en face de carême !  Tu dois vivre sous le regard des autres, dormir sous le regard des autres, au pont ou en cabines partagées. Pas facile d’avoir ta bulle !
 L’expérience du bateau en gite ( positionner sur la tranche ), rend la mobilité, l’équilibre,  moins évidents. Il faut faire attention à ce que tout, que ce soit dans la cuisine, le salon , les cabines, soient bien placés pour que rien ne tombe. Même dans un espace restreint tout doit être organisé.
L’expérience de la toilette est plus difficile ! Imaginez vous dans celle ci le bateau en gite !  Si vous êtes chanceux  un virement de bord ne va pas  s’effectuer pendant ce temps. Ça travaille l’équilibre, les cuisses  ! Je me souviens dans Pen Duick VI, en gite, avoir eu la tête collée sur la porte ! Si elle ouvrait je me prenais une belle débarque les culottes à terre  !Tout ça pour dire que ça prend des coéquipiers pas trop compliqués, de la tolérance. La vie à bord dépend de la qualité des gens qui y sont ! Là dessus nous nous en sommes bien sortis !
 Pas facile pour une femme, de concevoir de ne pas avoir toujours l’eau courante, la rusticité des lieux, de se laver aux lingettes plusieurs jours d’affilés, de se doucher,  à l’occasion ( et avec chance l’eau de la douche sera chaude ) ! Il faut être prêt à se passer de son confort donc de prévoir, les lingettes, le shampoing que tu utilises  sur cheveux secs ( merci Geneviève !) , la serviette de voyage qui sèche facilement, éventuellement des tongues pour vous doucher, un peu de lessive pour laver à la main si besoin,…. !  Cependant je vous rassure nous avons eu quand même quatre  fois des douches dans les yacht clubs, quand nous étions à quai, à Ushuaia et à Puerto Williams,  et une à bord dans les cabines. 
Question participation, elle est toujours bienvenue pour le manœuvres, mais aussi pour les tâches telles que,  la préparation  du repas, la mise en place de la table, la vaisselle, le nettoyage de ta cabine, salle de bain, passer le balai. Chaque skipper a sa façon de fonctionner. Dans certains voiliers tu ne touches à rien ! Chaque skipper a sa façon de fonctionner.
  Pour les repas, tout a été prévu avant notre départ, stocké dans le voilier , soit une méga-épicerie ( je ne vous dit pas quand ils partent pour 25 jours d’autonomie en Antarctique ! ). A notre départ, le voilier arrivait des îles Malouines « les Falklands » ou ils avaient passés un bon moment avec Jérôme Poncet qui élève des moutons des prés Salés sur une des îles. Ils sont repartis avec un mouton accroché au voilier, de quoi avoir une viande exceptionnelle pour plusieurs jours !  Connaissez vous Jérôme Poncet ?
 Je ne le connaissais pas avant que Michelle nous en parle. Ami de Arnaud et Juliette, pas n’importe qui j’ ai vraiment accroché sur le personnage, à travers la description que Michelle m’en a faite, de l’accueil qu’ils ont eu.  En plus je me suis plongée dans le livre Le Grand Sud de Isabelle Autissier et Erik Orsenna dans lequel elle en parle . Je  résume :
En 1969 Jérôme quitte La Rochelle en France avec son ami Gérard, sur un petit voilier de 9m, en bois,  découvrir le tour du monde. Un périple qui durera 5 ans, en passant par le Spitzberg, la Polynésie, l’Amazonie,,.., et ils  se rendront jusqu’en Antarctique  ! Un temps ou la péninsule avait retrouvé son calme après l’invasion des baleiniers. Seules quelques bases scientifiques sont installées. Ensuite chacun se construira son voilier, qui reflètera le fruit de leurs expériences et rêves. Jérôme et sa femme Sally hiverneront sur la péninsule. Il  ne quitteront plus les mers du Sud. Elle accouchera de leur enfant Dion en Georgie du Sud, qui à son tour deviendra un solide marin !  Que de gens fascinants ! Dans ce monde de voileux,  tout le monde se connaît ici ! Isabelle Autissier à même son voilier Ada, au quai de Puerto Williams, ou elle vient chaque année, par elle aussi, un attachement  au Grand Sud.

11/23/2011

En direction du Cap Horn



Tout le monde est prêt. Nous quittons la Baie de Ushuaia pour entrer sur le Bras Nord du Canal de Beagle, en direction de Puerto Williams au Chili, l’unique ville sur l’île de Navarino,  port d’entrée officiel des bateaux vers le Cap Horn et l’Antarctique.  Ce passage dans cette ville australe, base militaire, à 75% de ses 3000 habitants est obligatoire pour délivrer le permis de navigation sur le Beagle et le Cap Horn.  Le temps est au beau fixe, le vent en notre faveur.  Une fois partis,  Juliette nous  présente les termes et les manoeuvres de navigation, un récapitulatif pour certains et pour d’autre, comme Geneviève, c’est l’incompréhension totale ! Tout sur un bateau à un nom qu’il s agisse de la coque du grément, des manœuvres, utiles, mais indispensable.  Si je « lofe », « abat »ou « affale », le mot est clair, précis, unique à toute opération souvent complexe. Et il faudra comprendre rapidement parfois dans l’action ! Mais pas de stress, nous avons plusieurs jours pour essayer d’assimiler quelques rudiments ! Chacun fera  de son mieux et selon ses compétences, une fois à la barre, à « l’écoute de trinquette »  ou « de grand voile », « chockera » , ou « bordera » selon les manœuvres.

Alors nous voilà, avec pour premier objectif, de nous rendre au Cap Horn , et de passer cette île rocheuse, battue par le vent ou les deux océans, viennent s’éteindre de monstrueux baisers, à 55 miles nautiques de Ushuaia ! Passage  mythique de l’histoire maritime : en 1480, Jean Cabot d’Angleterre et son fils ont pour projet d’atteindre l’asie,  ils prendront le passage. En 1616 la flotte hollandaise de Schouten et Lemaire, tous deux capitaines originaires de la ville de Horn sur Zuiderzee,  doubla le Cap.  Devenu un passage obligé de la voie maritime du temps de la ruée vers l’or, du temps des clippers, du temps des courses à la voile, …., il a fait honneur à sa réputation, et qui l’atteind,  devient Cap Hornier !

La météo du début de voyage est belle jusqu’au Cap Horn, température autour de 12 degrés,  avec des vents  du Nord Ouest en notre faveur, un temps dégagé avec une visibilité  exceptionnelle ce qui nous permet de profiter au maximum de ses paysages insolites ! Nous l’atteindrons par étapes :
 la 1ière est à Puerto Williams, à 28 miles nautiques de Ushuaia. Ce n’est pas l’armée qui nous accueillent mais les canards, les oies sauvages, et un petit groupe de pingouins de Magellan, à l’entrée dans cette petite baie. Au quai, le dit « ponton », le maître des lieux, une épave à laquelle vienne s’amarrer des visiteurs, le petit cargo Micalvi, échoué ici depuis 1962, un endroit mythique. En effet non seulement il y a trois douches (c’est précieux ! ) mais surtout grâce à son bar le plus austral au pays, celui du Yacht club de Micalvi, au plancher croche et son plafond bas. Comme on dit si bien, c’est ici que « l’on écluse pas mal de verres » avec d’autres skippers, patrons de voiliers charters. C’est là que l’on attend la fameuse fenêtre du Grand Sud, celle qui nous dira si l’on peut partir naviguer vers le Cap Horn , passer le Drake et atteindre l’Antarctique. Une petite balade au cœur du village nous familiarisera avec la base militaire, les résidents, les chevaux et chiens sauvages.  La Fenêtre s’annonce belle pour demain….un ptit verre au Micalvi pour  ouvrir la porte du Sud nous réchauffe la fin de soirée ! 

La deuxième étape est de Puerto Williams à Puerto Toro,  soit 20 miles de plus, le village le plus austral du monde, de quelques àmes. ( position 54o54 S 67o36 W ),  soit un total de pas loin de 50 miles nautiques de Ushuaia. Nous embarquons Skye, notre voisine à quai, l’amie de juliette,  pour quelques jours de voile. Un peu de changement pour elle que de séjourner sur son bateau d’expédition avec Ben son conjoint et le matelos Magnus. Après avoir longé l’île Gable nous nous dirigeons vers le village. Arrivés de bonne heure  en après midi, nous mouillons  à proximité du quai des pêcheurs de Centollas, ces gros crabes genre araignées. Ils ont été péchés dans la journée ! Une belle occasion d’échanger du vin, des produits, contre quelques uns de ces beaux crustacés, pour le plaisir de tous sauf Juliette ! Et je ne vous dit pas, ce fut un festin, une belle récompense après une randonnée au cœur de Puerto Toro et ses alentours avec notre  jeune guide du village. Pendant que j’entame une partie de ballon avec les les enfants du village encouragée par Geneviève, Arthur et Olivier  sont écrasés sur l’herbe, c’est la sieste au gré du vent face à la baie ! C'est dur la vie !

Après une bonne nuit, le ventre plein de centollas, nous profitons de la fenêtre météo qui s’annonce bien pour se rendre au Cap Horn.  Départ matinal, nous quittons le mouillage et commençons notre descente, grand voile et foc montés. Le vent est favorable du Nord Ouest, nous filons vers l’Archipel des îles de Wollaston ( 4 îles et des îlots )  à l’extrême sud du Chili, incluse dans le Parc National de Cabo de Hornos. Son nom vient du savant britannique  William Hyde Wollaston .  Après quelques bords de près dans la brise, le bateau bien gîté , les visages rafraichis par les embruns salins, tout le monde est sous l’émotion à l’approche de ce caillou mythique !  Point de rencontre du Pacifique et de l’Atlantique , la région est réputée par les vents violents qui la balayent souvent. Certains le passent et ne le vois pas, d’autres ne l’atteindront pas ! Les plus téméraires le feront ! Ce n’est pas un hasard de dire qu’un homme n’est pas tout à fait le même après avoir doublé ce rocher lugubre sous 70 nœuds !.... De notre côté, le 8 Novembre 2011, chaque membre de l’équipage est devenu Cap Hornier !



11/20/2011

De retour à Ushuaia après 12 jours en voilier




Comme le dit si bien l'adage , Pas de nouvelle, bonne nouvelle !
Vous vous doutez qu'il m'était difficile de mettre a jour ce blog car notre accès au réseau a été très limité et le peu que nous en avons eu, il a servi pour des aspects majeurs de nos navigateurs. Alors impossible de faire un jour par jour, je me suis concentrée sur mes photos, la caméra  Go Pro . Je vais donc vous résumer les aspects de ce splendide voyage au bout du monde et joindre des photos.  Je crois que je trouve le temps puisque je suis bloquée depuis 2 jours à Buenos Aires !
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Position 54o 50'S / 68o 13'W
Avec une journée d'avance sur la date d'arrivée prévue dans nos livres, le 19 Novembre 2011,   notre équipage de 7 personnes  dont nos deux skippers professionnels, sommes  bien arrivés après 12 jours de navigation ,  au ponton du club nautique Afasyn de Ushuaia avec des conditions très agréables de navigation, et une superbe vue sur le port, les montagnes, le glacier Martial, l'aéroclub, la Baie. Prévisions météos obligent ! En effet on annonçait des vents de plus de 40 km/h un jour plus tard et donc le risque de retard et d'être bloqué à Puerto Williams  ( au Chili ) !
 En abordant la Baie,  avec vue sur la capitale du charter Austral, on sent déjà que chacun est dans sa bulle, ses émotions qui nous parcourent à l'idée du dernier amarrage, d'un retour à la civilisation après ce superbe voyage jusqu'au Cap Horn et à travers le Canal de Beagle  !  D'autres voiliers d'autres passionnés des mers du Sud, sont amarrés, il faut positionner le notre en double  et pratiquer les dernières manoeuvres, toujours aussi délicates pour notre skipper à la barre, ce qui , du coup nous replongent dans nos taches pour une dernière participation à bord de l' équipage  : Michelle la voileuse artiste-sculpteur, Arthur le jeune matelot polonais, Geneviève la voileuse en herbe - pro du sudoku, Olivier le parachutiste - voileux,  Fabienne la photographe en herbe, et bien sur nos skippers Arnaud et Juliette  !

A bord nous sommes donc quatre femmes, dont une passionnée de la navigation, notre skipper Juliette, qui a navigué pas mal sur tous les océans de la planète. Elle est ce genre de femme qui se fait rare, l’idéal de son skipper, une vraie bénédiction !  Michelle a également son vécue dans la matière puisqu’elle est propriétaire d’un voilier dans le Sud de la France, sculpteur, et elle est à sa deuxième étape avec nos skippers, puisqu’elle a navigué quelques jours auparavant, de Piriapolis en Uruguay, jusqu’à Ushuaia en passant par Stanley aux îles Malouines, dit les Falklands, soit treize jours, 987 miles nautiques, de quoi comme on dit dans le jargon marin , être amarinée ! Et il y a les novices : Geneviève, de la Haute Savoie, en charge du bureau de l’école de parachutisme de Olivier, Madame sourire,  et Fabienne du Québec ( avec du sang Breton ) et avec malgré tout un petit bagage d’expérience. Nous avons eu également l’agréable compagnie de Skye quelques jours, une  australienne amie de Juliette, qui voyage, encadre  avec son conjoint sur leur bateau d’expédition en Antarctique, en Georgie du Sud, aux Malouines, des clients qui ont des  projets spéciaux ( tournage de films, skieurs,…) .
Côté homme, Arnaud notre skipper, passionné, professionnel, avec un bagage d’expérience qui en dit long ( course autour du monde à la voile, Québec – St malo, la route du Rhum). Arthur, polonais, jeune matelot, disponible pour aider aux manœuvres, tâches de la vie à bord. Olivier, de Haute Savoie comme Geneviève avec qui il travaille dans son école de parachutisme, skipper de formation, hyper proactif, deviendra un des meilleurs coéquipers  !

Nous sommes arrivés d'horizons différents mais avec pour mêmes objectifs de naviguer, de découvrir les beautés de cette destination , de vivre l’aventure du Cap Horn, le tout sur un bateau solide, un sloop d’aluminium de 20 mètres, équipé pour recevoir sept passagers en cabines, en plus de nos deux skippers professionnels. J'avais déjà voyagé avec eux  sur Pen Duick VI, de St Malo, au Groenland , en passant par l'Islande, et je savais que nous étions en de bonnes mains !   Débutante  en 2007 , je ne connaissais pas la voile, mais j'avais,  comme je l'ai encore aujourd'hui,  ce profond sentiment que je devais  voyager autrement à nouveau, de part la mer,  cette fois non pas sur les traces de Paul Émile Victor, mais celles de Charles Darwin,  Jean Cabot, Bernard Moitessier Éric Tabarly, Isabelle Autissier, Jérôme Poncet, Kifouine, Balthazar, et bien d’autres, vers les hautes latitudes.

Hommes et femmes, navigateurs, n'ont pas choisi par hasard de naviguer ici, dans ces mers les plus difficiles du globe . Qu'ils soient polonais, australiens, français ou autre, ils sont là, avec des voiliers solides dont ils ont une confiance imprenable, prêts à  affronter ces mers, du mythique Cap Horn, au passage du Drake , pour se rendre dans le Grand Sud en Antarctique, et à plus forte raison pour y amener un équipage  !  Le métier est lourd de responsabilités. Chacune de leur vie est un roman ! ils sont tour à tour, mécaniciens, électriciens, mateloteurs, menuisiers, informaticiens,....Mais s'il ne faut pas partir ils ne partiront pas . Et si le mauvais temps les cueille loin des côtes, personne mieux que eux ne vous ramènera à bon port  
Cette croisière est un voyage découverte.  Avant tout c’est l’expérience de navigation à la voile : de   4 à 6 h  par jour sur les eaux  du canal Beagle,  ce détroit séparant des îles de l’archipel de la Terre de Feu à l’extrémité  sud de l’Amérique du Sud , qui porte le nom  du navire britannique HMS Beagle qui opéra de nombreuses missions hydrographiques. Celui ci fut commandé dans un deuxième temps de sa carrière par Fitzroy qui amena à bord le scientifique Charles Darwin, comme naturaliste amateur !  Son autre aspect est bien l’épanouissement devant ces paysages du bout du monde, la Cordillère de Darwin et ses glaciers, ses habitants, sa végétation, ses oiseaux ( Skuas, Albatros, Pétrels, Sternes arctiques,  Pingouins de Magellan… ) et ses mammifères marins (les dauphins chiliens, Les lions de mer…) , des mouillages exceptionnels au milieu de nulle part, une escapade sur les chevaux Criollos accompagnée du Gaucho et de sa douce européenne,  les balades à pied sur les traces du Guanaco (Llama), du renard rouge fuegien,  des castors, avec pour objectif d’aboutir à de beaux points de vue.
Il n’y a pas de quarts de nuits mais des arrêts à quai ou dans de charmants  mouillages isolés dans de petites baies ou dites Caletta.  Vu que la région est réputée par les vents violents, ou ses rafales appelées « Rachas »qui la balayent souvent, nous sommes protégés de celles-ci.  Le son du vent vous donne le frisson  et avec le temps il fait parti de votre quasi quotidien. 
Ici seules les conditions climatiques font la loi ! L’itinéraire est établi  mais toujours sujet à changement par le skipper en chef selon les conditions météorologiques. Le temps n’existe plus comme nous le connaissons à terre, il ne s’écoule plus. Chaque jour est inventé, est nouveau. Tu ne peux pas demander la veille l’heure du départ , d’arrivée. Devant toi, c’est l’inconnu mais tu dois t’adapter aux décisions, attendre que  le skipper évalue le tout et prenne sa décision.

11/05/2011

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Embarquement sur le voilier !

Me voilà j'ai embarqué sur notre voilier confortable, ou je partage une cabine avec lits superposés, et salle de bain-toilette privé. J'ai tout installé dans deux bons compartiments étanches ( ben des lifas, des bas de laine, et du polypropylène, mes tuques, ...), et dans un placards ma veste de quart, la salopette étanche, le gilet de sauvetage. Ma coéquipière est prise avec une valise à roulette ( à proscrire dans ce genre de voyage ! ) son lit !  Nous sommes accostés à deux autres voiliers, aussi prêts pour les canaux et l'Antarctique !
Il fait super beau !!! Le vent est quasi absent aujourd'hui ! Mais quand il est là, c'est un vent qui fait peur !
Je quitte le café que j'ai adopté, pour retrouver les équipiers, faire connaissance, souper en ville, dodo dans le bateau et demain, le grand jour....Départ pour 13 jours d'autonomie. Je fais de mon mieux pour vous écrire. Si les connections ne passent pas, on se retrouve le 19 ou je me pose encore deux jours à Ushuaia.
BON VENT à tous.

Voyage au bout du Monde, Ushuaia !

Ushuaia j'y suis !  il me semble que le nom évoque bien des Aventures ! Ville rêvée pour une voyageuse en quête d'Aventure, lovée entre le Canal de Beagle et les sommets enneigés de la chaîne Martial , elle porte bien son nom de ville du Bout du Monde !
Le voyage au départ de Montréal a été également tout un voyage avec 3 connections, une aux Usa À Houton ( Texas), puis une autre à Buenos Aires ( Argentine) , et un dernier vol de Buenos Aires à Ushuaia. J'ai prix large avec de longues connections pour assurer l'arrivée des bagages et des transferts raisonnables de peur de manquer un vol ! Tout a bien été avec un arrêt sympathique au Complejo Tango Hotel à Buenos Aires au coeur de la ville, ou, après avoir arpentée les rues remplies de monde , je me suis endormie au rythme du Tango Argentin, puisqu'ils offrent un superbe souper spectacle . A 5h du matin j'embarquais sur LAN Airlines pour 4 h de vol, en direction du bout du monde .
Depuis mon enfance j'entendais parler des voyages de ces grands explorateurs, Jacques Cartier en particulier, mais aussi de Magellan, au XVIeme siècle, de Charles Darwin au XIXième siècle, des chercheurs d'or, des voyages fascinants, à la rencontre de ses terres insolites et de ces habitants. Et puis, le Cap Horn, La Terre de feu, l'Antarctique , les gauchos, les manchots, les chevaux criollos,  les navigations au bout de l'extrême....bref j'en passe !
J'ai eu la chance d'être à côté du hublot pour cette arrivée matinale et de découvrir l'immensité de la Terre de feu, La Tierra Del Fuego, ses sommets encore enneigés, ses glaciers, les derniers contreforts des Andes , une cuvette montagneuse ouverte sur la Baie, ou s'étire la ville de  Ushuaia. On a quasiment attéri dans la Baie ! De l'autre côté du canal de Beagle c'est le Chili !
A peine sorti de l'avion que le vent nous balaye, ce vent qui revient à chaque quinzaine de minutes , impressionnant ! Un taxi me conduit au gite chez Alejandro, ou j'ai un petit chalet pour la nuit bien équipée de quoi récupérer avant de débuter Dimanche notre séjour en voilier au coeur du Canal de Beagle et le passage du Cap Horn ! Nous serons 7 au total incluant Arnaud et Juliette nos deux skippers de ce superbe sloop d'aluminium de 20m. Visiter mon site www.termervoyages.ca code PAR pour voir le voilier  !
Voila le temps me manque ce matin, je dois partir rejoindre Juliette pour l'épicerie . A bientot.